INNOCENT I
Il avait été chargé de négocier la paix entre l'empereur et les Goths d'Alaric, à Ravenne. C'set pendant ce temps qu'ils pillèrent Rome en son absence le 24 août 410. Mais le pontificat de saint Innocent sera surtout un affermissement de la juridiction romaine en Occident comme nous le voyons au travers des 36 lettres que nous avons de lui. Il se sent qualifié pour dire le droit de l'Eglise. Les querelles relèvent des conciles provinciaux, conformément aux canons des conciles de Nicée et de Sardique. Rome intervient en dernière instance en Occident, en raison de l'antériorité de Rome sur toutes ces Eglises. Pour les Eglises d'Orient, il respecte l'antériorité des sièges patriarcaux mais intervient quand un arbitrage est demandé. Avec l'Eglise en Afrique, il est plus nuancé. Dans le domaine doctrinale, saint Innocent n'innove pas. Il se veut le gardien d'une Eglise qui doit sans cesse retrouver sa pureté initiale. retour

 
 

INNOCENT II
de la famille romaine des Papi ou Papereschi; fut élu pape en 1130, en même temps que Pierre de Léon se faisait élire sous le nom d'Anaclet. Obligé de céder à la force, il sortit de Rome et se retira en France, où, sur l'avis de saint Bernard, il avait été reconnu pape légitime au concile d'Etampes. Il rentra à Rome en 1133 avec le roi d'Allemagne Lothaire, qu'il sacra empereur, et qui chassa l'antipape. On en élut un nouveau, sous le nom de Victor, qui abdiqua aussitôt. Innocent fut fait prisonnier en 1139 par Roger ll, qui se fit confirmer par lui roi de Sicile. Il condamna Abélard et mourut en 1143. retour

 
 

INNOCENT III
Né Giovanni Lotario en 1160, comte de Segni, issu d'une famille influente, il étudia la théologie à Paris et le droit canonique à Bologne. Il fut nommé cardinal en 1190 et élu pape en 1198 en succession de Célestin III. Mettant en pratique des théories politiques inspirées de son "maître" Grégoire VII, il lui fallu obtenir de l'Empire qu'il renonçât à la domination de l'Italie afin de préserver la liberté de l'Etat pontifical. Dès 1198, il soutint le guelfe Otton de Brunswick contre le gibelin Philippe de Souabe pour l'accès au trône impérial. En 1210 il excommunia Othon qui était hostile à la domination du Saint-Siège et fit élire à sa place Frédéric II. Otton tenta de résister, mais sa défaite face à Philippe Auguste à Bouvines en 1214, lui fit définitivement abandonné la partie au profit de Frédéric II. C'est avec la même énergie qu'il sévit contre Jean sans Terre alors roi d'Angleterre, au sujet de l'accession de Langton à l'archevêché de Canterbury. Mettant l'Angleterre en interdit et déposant le roi, il exigea une une soumission complète, ce que fit Jean sans Terre en remettant son royaume tout entier sous la protection pontificale en 1213, évitant ainsi une conquête par les français. Egalement très concerné par la Terre Sainte, Innocent III organisa la quatrième Croisade afin de reprendre Jérusalem et la partie des Etats latins qui avait succombé sous les coups de Saladin en 1187. La croisade se mit en route en 1200, mais déviée de son but, elle aboutit à la prise de Constantinople en 1204 et à la création de l'Empire latin. Conscient de cet échec il prépara à partir de 1212 la cinquième Croisade qui se déroulera après sa mort. C'est avec la même ardeur qu'en 1209, après avoir nommés 3 prélats en 1205 chargés du problème des cathares et l'assassinat de l'un d'eux, Pierre de Castelnau, en 1208, qu'il lança la croisade contre les albigeois, elle-même autorisé par Philippe Auguste. Mais dépassé par la sauvagerie de la croisade, il dut multiplier les appels à la modération, sans pour autant pouvoir arrêter le carnage ni vaincre l'hérésie. L'oeuvre d'Innocent III trouva son courronnement lorsqu'il convoqua, en 1215 à Rome, le quatrième Concile de Latran. Au cours de ce concile il il pris des mesures codifiant les entreprises précédentes. La centralisation fut reforcée ; l'autorité pontificale sur le clergé désormais toute-puissante contrôlait la hiérarchie ; dees canons furent promulgués en faveur de l'enseignement ; l'hérésie fut fermement condamnée et ce concile détermina les moyens pour lutter contre elle ; le comté de Toulouse fut reconnu au chef de la croisade des albigeois, Simon de Montfort ; une nouvelle expédition en Terre Sainte, cinquième Croisade, fut décidée pour 1217 ; la définition dogmatique de l'Eglise précisée. C'est le 6 juillet 1216, lors d'un voyage dans le nord de l'Italie pour organiser la Croisade, qu'Innocent III mourut. retour

 
 

INNOCENT IV
Sinibaldo Fieshi, né à Gênes vers 1195, il étudia le droit à Parme et à Bologne. Il fut nommé évêque d'Albenga en 1225 puis cardinal en 1227 et fut pape de 1243 jusqu'à sa mort en 1254. Dès son accession à la papauté en 1243, il s'opposa à l'Empereur d'Occident, Frédéric II, qui cherchait à établir une autorité impériale absolue en voulant faire passer les Etas de l'Eglise sous sa coupe. Ces négociations avec l'Empereur ayant échoué et craignat pour sa vie, il fuya Rome et se réfigia en France. C'est alors qu'il convoqua, en 1245, le XIII° Concile Oecuménique à Lyon qui condamna et déposa Frédéric II. Frédéric II ayant déjà été excommunié par le pape précédent, Grégoire IX, Innocent IV conseilla l'élection d'un nouvel Empereur et soutint la candidature de Guillaume II de Hollande. A la mort de Frédéric II, en 1250, il retourna à Rome, mais jusqu'à la fin de ces jours il dut faire face à une lutte acharné avec Conrad IV, fils de Frédéric II, et ses alliés, ce qui le détourna des affaires religieuses. retour