![]() |
|
J'accuse les hommes,
un par un et en groupe.
J'accuse les hommes
de cracher dans leur soupe,
D'assassiner la poule
aux œufs d'argent,
De ne prévoir
que le bout de leur temps.
J'accuse les hommes
de salir les torrents,
D'empoisonner le sable
des enfants,
De névroser
l'âme des pauvres gens,
De nécroser
le fond des océans.
J'accuse les hommes
de violer les étoiles
Pour faire bander le
Cap Canaveral,
De se repaître
de sexe et de sang
Pour oublier qu'ils
sont des impuissants.
De rassembler les génies
du néant,
De pétroler
l'aile des goélands,
D'atomiser le peu d'air
qu'ils respirent,
De s'enfumer pour moins
se voir mourir.
J'accuse les hommes
de crimes sans pardon
Au nom d'un homme ou
d'une religion.
J'accuse les hommes
de se croire sans limites
J'accuse les hommes
d'être des hypocrites,
Qui jouent les durs
pour enfoncer du beurre
Et s'agenouillent aussitôt
qu'ils ont peur.
J'accuse les hommes
de se croire des surhommes
Alors qu'ils sont bêtes
à croquer la pomme.
J'accuse les hommes.
Je veux qu'on les condamne
Au maximum, qu'on arrache
leur âme
Et qu'on la jette aux
rats et aux cochons
Pour voir comment eux
ils s'en serviront.
J'accuse les hommes,
en un mot comme en cent,
J'accuse les hommes
d'être bêtes et méchants,
Bêtes à
marcher au pas des régiments,
De n'être pas
des hommes tout simplement.
![]() |